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S29B Civilisation britannique du 17ème et du 18ème siècles

Màj 04/09/12

IAA S29B Civilisation britannique XVIIème-XVIIIème siècles

Laurence STERRITT et Hélène PALMA

Première Partie : XVIIème siècle, L. Sterritt
"Superstition, foi et raison dans l'Angleterre du XVIIème siècle".

Le XVIIème siècle fut souvent décrit comme une période liminale : c’est la fin des superstitions moyenâgeuses, et le début d’une société nouvelle, plus rationnelle, qui prendra toute sa dimension au XVIIIème siècle. Cette représentation, si populaire soit-elle, est cependant bien grossière. Elle ne se contente pas d’assimiler Moyen-Âge et superstition, elle représente également la période moderne comme une sorte de transition entre deux grands âges, mais sans valeur ou identité intrinsèque.
Dans cette moitiés de séminaire, nous nous interrogerons sur l’interaction entre les concepts de superstition, de foi et de raison dans l’Angleterre du XVIIème siècle. Les croyances médiévales ont-elles bien disparu, et pourquoi ? Quelle est la place de la foi dans la vie publique de l’époque, et comment celle-ci s’articule-t-elle avec l’ancienne superstition, ou la nouvelle science ?
Afin de provoquer la réflexion, nous nous pencherons sur des textes fondateurs et de nombreux articles universitaires. Ils mettront en exergue la spécificité anglaise dans le domaine des croyances magiques, ou des procès de sorcellerie (très ‘rationnels’ si on les compare à leurs voisins germaniques). Ils nous permettront d’interroger la fonction des cas de possession démoniaque, mais aussi des objets sacrés ou des pèlerinages dans la foi catholique, en oppositions avec la foi anglicane. Ils nous éclaireront aussi sur les premières expériences de la science moderne, ou la rationalité le dispute parfois à la superstition, comme dans le cas de l'astrologie, de l'alchimie, ou même de la médecine.

Une bibliographie exhaustive sera distribuée lors du premier cours.


Deuxième partie : XVIIIème siècle, H. Palma.
L'Europe du Nord et l'Angleterre aux origines des Lumières européennes?

Cette seconde moitié du séminaire se proposera de se pencher sur l'origine et la nature des idées des Lumières. Il s'agira de questionner un certain nombre de clichés concernant cette période, qui présentent généralement la France comme l'une, sinon LA pionnière des idéaux du XVIIIème siècle.
La recherche actuelle concernant cette ère a tendance au contraire à situer l'origine des idées des Lumières au XVIIème siècle et au nord de l'Europe avec la promotion de la Nature comme modèle idéal : cette conception se retrouve chez Baruch Spinoza puis chez John Locke et fera seulement ensuite son chemin jusqu'au penseur genevois Jean-Jacques Rousseau.
Il en va de même pour l'ensemble des idées qui caractérisent l'ère des Lumières : la liberté, l'égalité et le droit à la propriété intrinsèques à l'être humain sont affirmées chez Locke bien avant leur formulation dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen en France.

Ce rappel préalable nous conduira à nous pencher sur le radicalisme, ce courant politique qui prospère à l'époque des Lumières outre-Manche et s'exprime au travers de penseurs et de penseuses résolument réformateurs avant d'essaimer en France grâce à des contacts connus entre diverses personnalités et associations : Jacques Pierre Brissot, président de la Société des Amis des Noirs en France connait les activités des abolitionnistes britanniques, reprend même à son compte le célèbre camée représentant un esclave agenouillé dessiné par Josiah Wedgwood et côtoie des personnalités radicales venues d'Angleterre comme Catharine Macaulay et Mary Wollstonecraft lors de leurs séjours en France.
Olympe de Gouges a vent des écrits de ses consoeurs pré-féministes et s'engagera en politique au moment de la Révolution française.
Cette Révolution sera soutenue outre-Manche par un certain nombre de penseurs éclairés radicaux tels Thomas Paine, William Blake ou William Godwin mais épouvantera cependant une large part de la société britannique au point que celle-ci tournera le dos aux idées-mêmes qu'elle aura contribué à susciter.

 

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