APPEL A COMMUNICATIONS – COLLOQUE, 23 et 24 MARS 2012
Aix-en-Provence
« Race, ethnicité, édition »
Depuis les années 1980, les études ethniques et post-coloniales ont incité les chercheurs à se tourner vers des littératures jusqu’alors négligées ou restées dans les marges, et plus largement, à renouveler notre regard sur des textes que nous croyions connaître. De même, l’essor de la recherche en histoire du livre et de l’édition dans le monde anglophone contribue à enrichir l’étude des textes et l’histoire de la littérature. Pourtant, ce n’est que récemment que les oeuvres d’auteurs issus de « minorités » ethniques dans le monde anglophone ont commencé à faire l’objet d’études dans une perspective dite d’histoire du livre : dans un récent article, Leon Jackson a démontré toute la richesse qu’une alliance entre historiens du livre et chercheurs en littérature africaine américaine pourrait apporter (“The Talking Book and the Talking Book Historian”, Book History, vol. 13, 2010, p. 251-308). L’un des ouvrages de référence cités, pour les Etats-Unis, est celui de John K. Young, Black Writers, White Publishers: Marketplace Politics in Twentieth-Century African American Literature (2006); pour l’Angleterre et les pays du Commonwealth, on connaît les importantes études de Graham Huggan (The Postcolonial Exotic: Marketing the Margins, 2001) ou de Sarah Brouillette (Postcolonial Writers in the Global Literary Marketplace, 2007).
Nous aimerions ouvrir un peu plus largement ce champ, en explorant les relations qui se nouent entre le(s) centre(s) et les marges, ainsi que le rôle joué par le facteur racial ou ethnique lors de la publication. Ainsi nous proposons d’examiner les conditions de publication, aux Etats-Unis, au Royaume Uni et en Irlande, des auteurs d’origine ethnique ou raciale, ainsi que des auteurs postcoloniaux, en éclairant leurs relations avec les éditeurs, et le marché occidental ; également de mener une interrogation sur les éditeurs « ethniques », et les conditions de leur émergence dans un champ éditorial encore largement dominé par un groupe d’origine « non-ethnique ». Comment ces auteurs et éditeurs négocient-ils entre adaptation au marché, assimilation, et résistance culturelle ? Sous quelles formes, et dans quelle mesure, discrimination, multiculturalisme et goût pour l’exotique, jouent-ils un rôle dans la promotion de ces auteurs, aussi bien que dans leur propre représentation d’eux-mêmes ? Quelle articulation entre marché global et marchés de niche ? Peut-on dire que la « marginalité » (réelle ou supposée) de ces auteurs et éditeurs, est en passe d’être marchandisée pour satisfaire le goût du lectorat occidental ?
Les œuvres de fiction comme de non-fiction, canoniques ou plus confidentielles, du XVIII° au XXI° siècle, seront examinées. Les études paratextuelles pourront être combinées à des approches historique, économique et sociologique. On s’interrogera en particulier sur
− la promotion de textes d’auteurs américains et anglais issus de « minorités » raciales et ethniques (africaine américaine, latino américaine, sino américaine, anglo jamaïcaine, anglo indienne, anglo pakistanaise…mais également indo anglaise, africano anglaise...), l’utilisation des origines ethniques et raciales des auteurs
− les circuits de distribution
− les relations auteurs/ éditeurs, ainsi que les relations avec d’autres agents du circuit de publication, notamment à travers l’étude des correspondances
− l’aide apportée par d’autres acteurs a priori extérieurs, tels que les sociétés abolitionnistes, ainsi que sur le mécénat
− la censure et l’auto-censure, le degré de contrôle des auteurs...
Les communications seront faites en anglais ou en français. Les propositions (environ 400 mots) et un bref CV sont à envoyer aux deux organisatrices avant le 31 mars 2011 :
Cecile.Cottenet@univ-provence.fr Sophie.Vallas@univ-provence.fr |